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Carnet de terrain - Clément

Le 16 mars 2022


Cette semaine, c'est au tour de Clément de nous expliquer comment s'est déroulée son expérience en Antarctique. La dernière partie de ses échantillons est arrivée la semaine dernière à Lorient, il peut donc commencer ses analyses et l'exploitation en laboratoire !

 

Le carnet de terrain de Clément



Bonjour,


Cela fait maintenant six semaines que je suis rentré en France. Ça me paraît déjà très loin vu tout ce qu’il s’est passé depuis. Il y a eu le retour en France avec mes échantillons, tous arrivés sains et saufs, un crochet par Brest pour en apporter une première partie (c’était assez sportif de transporter une grande glaciaire en TGV depuis Cannes jusqu’au labo à Brest) et participer au One Ocean Summit avec Apoline et Amandine, un week-end avec toute l’asso dans la foulée pour se replonger dans les activités terriennes de J2D. Après tout ça, j’ai pris deux semaines loin de l’association pour prendre le temps d’atterrir et de retrouver mes proches et recharger mes batteries. J’ai pu commencer fin février mon stage à Brest au LEMAR où je suis encadré par Hélène Planquette pour analyser les échantillons collectés pendant la mission.Nous allons pouvoir commencer à faire parler les environnements dans lesquels nous sommes passés par la voix de la biogéochimie.


C’est une phase passionnante qui s’annonce car elle va permettre de lever le suspens qui tenait jusqu’alors : les échantillons ont-ils ou non été contaminés? Dans les journaux de bord, nous avons plusieurs fois parlé des équipements et des pratiques qui permettent de limiter les risques de contamination des échantillons (les multiples couches de gants, combinaison, la hotte, …) mais je manipule à l’aveugle jusqu’à ce que mes échantillons soient analysés en France, donc je ne sais pas si mes précautions ont suffit à protéger mes échantillons des impuretés. J’espère avoir de bonnes nouvelles dans les prochaines semaines pour pouvoir étudier les métaux traces qui sont le cœur de mon intérêt.


Sur le terrain, je me repassais en tête avant chaque manip toutes les sources possibles de contamination pour tenter de les éviter au maximum, puis une fois l’échantillonnage terminé, je consignais dans mon carnet de terrain tout ce qui s'était passé pour pouvoir par la suite éventuellement expliquer certaines valeurs qui pourraient être absurdes. Cela restait -il n’empêche- des moments forts, sur l’annexe avec Dédé et parfois un·e autre de l’équipe, lorsqu’on partait prélever en essayant de saisir avec quelques sites de prélèvements la diversité de l’écosystème qu’on avait sous les yeux (les courants de surface, parfois des iceberg ou des glaciers, les colonies de manchots, …). Il a aussi fallu adapter les protocoles à la situation sur place, lors de la première sortie par exemple, où ça a vite été évident que je n’allais pas pouvoir faire toutes les filtrations en direct sur l’annexe mais qu’il fallait que je rapporte de l’eau à bord pour y faire les manipulations. Les journées étaient bien remplies, avec un petit temps de préparation avant de partir prélever environ 1h sur l’annexe par site, puis 2 à 3h à faire les filtrations sur le pont suivies d’encore deux bonnes heures dans la bulle à bord pour les acidifications. Et quand je ne prélevais pas, j’allais assister les autres (surtout Lana) sur le terrain à terre. Là aussi, c’était de longues journées à crapahuter à droite à gauche pour déposer ses cibles, en faire le relevé GPS, les déplacer et en profiter pour scruter une seconde fois les lieux pour compléter mes observations sur les sources potentielles de nutriments, sur la dynamique des eaux sur place, …


Je le disais depuis le début, ce qui me faisait vibrer dans le projet, c’était bien évidemment ma thématique de recherche mais j’étais aussi très curieux de voir comment allaient s’agencer nos divers projets les uns avec les autres. Cela a parfois été un peu compliqué les première fois de faire concorder les impératifs de tout le monde, surtout niveau horaires, mais on s’est assez vite accordés. C’était très stimulant de voir que tout le monde déployait ses protocoles respectifs et d’avoir la perspective de pouvoir a posteriori croiser nos intérêts et données sur un même environnement.

Ce qui m’a peut-être le plus étonné en Antarctique, c’est le bruit. On s’attendait à voir de superbes paysages et on a pas été déçus mais les bruits permanents de craquements, de glace qui fond, d’eau qui coule et parfois d’animaux étaient réellement envoûtants. C’est peut-être ce paysage sonore qui vient parfois sonoriser mes rêves qui m’y transporte à nouveau et m’y fait revivre les superbes journées de terrain que nous y avons passées.


Je suis revenu d’Antarctique avec de beaux souvenirs et tout un tas d’échantillons de plusieurs sortes qu’il va maintenant falloir analyser. J’ai déjà amorcé les manipulations pour les métaux sous forme de particules à partir des filtres rapportés, on va enchaîner avec les métaux dissous, solubles et totaux à partir des flacons et sélectionner ainsi les points les plus intéressants pour attaquer les analyses de microphytoplancton et de ligands. Les mois qui arrivent à Brest s’annoncent riches ! Hâte de vous faire découvrir tout ça en détail ainsi que le laboratoire et mes collègues dans le cahier de laboratoire.


Rédigé par Clément


Pour découvrir dans les détails le protocole de Clément en images et l'entendre nous expliquer comment ça se passe à bord, c'est par ici : https://www.j2d.org/ressources-peda

Vous retrouverez aussi les documents concernant Lana si vous ne les avez pas vus la semaine dernière !

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