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Pollution plastique et COVID-19

A votre avis, la situation sanitaire a-t-elle un impact positif ou négatif sur l’environnement ?


Avec les confinements, on peut penser que moins d’activité humaine implique moins de pollution. Oui mais pour la pollution plastique, c’est une toute autre histoire. Car le plastique a suivi un chemin bien différent lors de la pandémie, comme l’explique un article de Silva, Ana L. Patrício, et al., récemment paru dans le journal scientifique Chemical Engineering Journal :

"Increased plastic pollution due to COVID-19 pandemic: Challenges and Recommendations."


En effet, l’usage du plastique, et en particulier du plastique à usage unique, a explosé en 2020 : les équipements médicaux (blouses, masques, gants) ont été des alliés précieux dans la lutte contre la pandémie . Ces équipements sont principalement composés de polymères synthétiques, et sont jetés à chaque utilisation. Pour se donner une idée, dans la seule journée du 24 Janvier 2020, les 11 millions habitants de Wuhan (Chine) ont produit 200 tonnes de déchets médicaux - ce qui est quatre fois plus que ce qui peut être incinéré dans la seule installation de la ville.


Mais le plastique est aussi très prisé par le grand public, pour sa capacité à rassurer. Car dans l’imaginaire collectif, un objet bien emballé est un objet propre. La demande en plastique d’emballage pourrait augmenter de 40% selon les projections actuelles (comparé à 17% pour les autres utilisations, y compris médicales). En supermarché, les aliments frais se vendent mieux s’ils sont emballés, et les sachets jetables sont à nouveau les principaux moyens de porter ses courses.


Dans le même temps, la filière du recyclage du plastique en a pris un coup. Les centres de tri doivent faire face à la menace des ordures contaminées au virus, ce qui ralentit beaucoup l’activité. Les autorités sont alors conduites à choisir l’incinération ou la décharge. Car l’enjeu de la pollution plastique a été largement oublié des discours politiques, qui sont concentrés sur le problème immédiat de la maladie.


Pourtant, la toxicité du plastique pour les écosystèmes (et par extension, les humains) est un fait de mieux en mieux compris et documenté . C’est un tableau ni tout blanc ni tout noir qui est dressé, celui d’un compromis difficile entre les catastrophes du court-terme et celles du long-terme. L’article, co-signé par des scientifiques du Portugal, du Canada, de la Chine, et de l’Espagne, estime que les urgences telles que la pandémie ne doivent pas être résolues en aggravant les problèmes environnementaux, qui sont tout aussi cruciaux pour notre survie.


Source : Silva, Ana L. Patrício, et al. "Increased plastic pollution due to COVID-19 pandemic: Challenges and recommendations." Chemical Engineering Journal (2020): 126683.


Plus d'informations sur le projet microplastiques de notre expédition : https://www.ens-antarctique.fr/microplastiques



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