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Carnet de terrain - Olivier

Coucou ! Allez c’est mon tour :)


Pour ma part, je suis dans la même situation que Baptiste : je n’ai pu récupérer mes échantillons qu’à l’arrivée du bateau en France. Ce qui m’a donné du temps pour prendre des vacances depuis le retour de la mission de terrain, revoir la famille et les amis. Maintenant que les échantillons sont arrivés, je commence mon stage dans un laboratoire à Marseille pour les analyser !





La campagne de terrain en Antarctique était une expérience vraiment enrichissante. C’est une chose de se documenter sur l’endroit, de regarder les autres études qui y ont été menées et de préparer sa propre collecte, mais c’est une toute autre chose d’y aller ! Évidemment, la réalité a rattrapé la théorie, et de nombreux aspects du protocole initial ont dû être adaptés au contexte. Par exemple, certaines zones étaient très rocailleuses et complètement enneigées, donc pour collecter des sédiments il a fallu ruser en attendant la marée basse. Autre exemple, le volume initial de neige nécessaire pour observer des microplastiques était estimé à 5 L par échantillon, mais a été réduit à 1 L après quelques essais car cela suffisait à colmater le filtre. Ce sont des petites choses assez “bêtes”, on n’y pense pas, mais il faut y être préparé. J’ai donc appris qu’un protocole de terrain en environnement extrême nécessite des capacités d’adaptation, et une bonne marge de manœuvre en cas d’imprévu.


Outre cela, c’était aussi l’occasion de découvrir une région qui est absolument magnifique. Bien sûr, nous n’y étions pas pour les vacances, et nos journées étaient très remplies, mais je ne pouvais m’empêcher d’admirer ce qui a été mon environnement de travail pendant ces quelques semaines. Quel privilège d’avoir un “bureau” qui ressemble à ça !


A présent, les échantillons sont rentrés en France et il y a beaucoup à faire. Dans un premier temps, je vais étudier les contaminants organiques qui sont présents dans la zone australe. Les contaminants organiques, ce sont des molécules carbonées, qu’on ajoute parfois au plastique ou à d’autres matériaux pour changer leurs propriétés. Ces molécules sont transportées puis relarguées par le plastique, et peuvent ainsi perturber un écosystème qui se trouve loin des zones de pollution. Un exemple de contaminant organique, c’est le bisphénol A qui est aujourd’hui retiré de tous les tickets de caisse : il est nocif pour les humains et l’environnement car c’est un perturbateur endocrinien. Pour étudier ces contaminants organiques, je vais utiliser la spectroscopie de masse, qui permet d’identifier les molécules en fonction de leur masse et de leur charge. Ainsi, on va pouvoir dire quels sont les contaminants organiques présents dans l’austral et en quelle quantité.


Dans un deuxième temps, je vais étudier les microplastiques de la zone australe, ainsi que dans l’océan Atlantique. Pour cela le premier défi est de séparer la matière plastique et la matière biologique (bois, plancton, algues, boue) qui sont mélangés dans le même échantillon. Il sera donc nécessaire d’utiliser un acide ou un oxydant qui permette de digérer la matière biologique sans toucher au plastique. Puis, le plastique restant sera filtré et analysé par spectroscopie infrarouge, ce qui permet de savoir précisément de quel matériau plastique il s’agit : polyéthylène, polypropylène, polyacrylamide… Il y en a une grande variété ! A la fin des expériences, nous saurons pour chaque endroit la quantité de particules, leur taille et leur composition.


Retrouvez mon plan d'étude sur la page dédiée aux différents protocoles (https://www.j2d.org/ressources-peda). A bientôt pour des nouvelles sur l'avancement de mes travaux de recherche !


Olivier

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